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« L’impression 3D, la discrète révolution »

02/02/2016

L’Usine Nouvelle vient de publier dans son édition du 28 janvier dernier un dossier sur « L’impression 3D prend le pouvoir » avec de nombreux témoignages des acteurs impliqués dans cette filière : industriels de l’aéronautique, du médical, fabricants de machines… Dans ce dossier, Paul-Henri Renard, Directeur Général de CTIF, exprime sa vision de la fabrication additive.

Découvrez les principaux points à retenir de cet article

Les deux journalistes Frédéric Parisot et Patrick Déniel dressent un état de l’art de cette technologie, et analysent les perspectives de développement. Emaillée de nombreux témoignages d’industriels, l’enquête met parfaitement en perspective les enjeux de la fabrication additive et montre les impacts de cette technologie sur les process de conception et de fabrication des produits et sur les relations client/fournisseur.

Des potentiels énormes

Grâce à la baisse régulière du prix des machines, les industriels se sont lancés dans la production de pièces, et notamment les pièces non fonctionnelles utilisées pour expliquer le fonctionnement d’un produit ou à des fins de prototypage rapide, un marché qui progresse de 5 à 10 % par an.

L’enjeu se porte désormais sur les pièces fonctionnelles plastiques ou métalliques, un marché qui connaît une croissance de plus de 50 % par an. Le marché devrait tripler d’ici 2020 essentiellement tiré par les grands groupes.

Le médical et l’aéronautique en marche vers la révolution 3D

Cependant, certains secteurs ont totalement adopté la fabrication additive ; c’est le cas du médical ou des prothèses dentaires. L’impression 3D permet de fabriquer des pièces adaptées à chaque patient. Sur ce point, Paul-Henri Renard précise : « La technologie s’est imposée pour de nombreux dispositifs extérieurs au corps humain. Aujourd’hui, certains produits comme les prothèses auditives sont fabriqués à 100 % par impression 3D. » Les industriels du spatial et du sport automobile emboîtent le pas.

L’aéronautique est un secteur avec un énorme marché potentiel avec environ 10 % des pièces d’un avion qui pourraient être  rentables en impression 3D. Pour Philippe Rivière, PDG de Prismadd, un des fournisseurs d’Airbus pour les pièces imprimées de l’A 350,  le fait de remplacer l’usinage d’alliages coûteux par la fabrication additive évite les pertes liées aux copeaux. Ce chiffre pourrait passer à 25 %  quand les pièces seront redessinées pour l’impression 3D.

Comment se place l’automobile dans ce paysage ? Actuellement, la fabrication additive ne peut répondre aux cadences et aux volumes imposés par les constructeurs. Cependant, elle est présente pour des réflexions sur le design, le prototypage de préséries, les prototypes de pièces de rechange.

Le secteur de la fonderie en pleine mutation

Le secteur des outillages en fonderie connaît quant à lui déjà de profonds changements. L’impression 3D permet de créer des noyaux de fonderie aux formes infiniment plus complexes que les moules réalisés en sable ou en cire perdue. Les motoristes aéronautiques réfléchissent au remplacement des moules en cire perdue pour les aubes car, avec la 3D, les perspectives de refroidissement du moteur sont meilleures.

Avant que l’impression 3D ne soit appliquée à toutes les pièces, cette technologie restera utilisée pour des usages internes par des questions de rentabilité. Pour Paul-Henri Renard, c’est la voie la plus sage  : « Comme il y a actuellement une frénésie autour de l’impression 3D, il faut éviter à tout prix l’effet bulle car un projet raté pourrait tuer la technologie. Il faut donc se concentrer sur les applications qui tirent le plus parti des avantages de la technologie  et ne pas la survendre. Le danger, c’est d’avoir d’un côté des bureaux d’études qui veulent à tout prix fabriquer en impression 3D et de l’autre des prestataires qui survendent leur capacité à produire des pièces de bonne qualité. »

Un nouveau modèle pour la sous-traitance

L’impression 3D révolutionne les technologies mais également le modèle économique pour la sous-traitance. « Il y aura des morts » souligne Paul-Henri Renard car la demande en prestations de prototypage ne cesse d’augmenter, mais les prototypistes sont déjà nombreux. « Tous ne pourront pas accéder à l’étape d’après : devenir sous-traitant pour des pièces de production, car c’est un métier qui ne s’improvise pas, il faut des processus répétables, ce qui est déjà un défi en soi ainsi que des accréditations et des certifications, une gestion rigoureuse des approvisionnements ; En clair il faut devenir soi-même industriel. Et ce n’est pas à la portée de tous.» précise le DG de CTIF. Une prédiction que confirme Sébastien Vercruysse, PDG de Creatix3D, intégrateur de solutions de fabrication additive : « L’industrie française tourne depuis plusieurs décennies avec une dizaine d’acteurs pour tout le territoire et aujourd’hui on compte déjà plus d’une centaine de prestataires en fabrication additive, il n’y aura pas de place pour tout le monde. »

Le coût des machines est également un élément déterminant. « Pour avoir des marchés, il faut avoir les machines et pour avoir des machines il faut des capitaux » résume Stéphane Abed, PDG de Poly-Shape. Au coût s’ajoute celui d’être rapidement obsolète. « Il faut savoir investir dans des machines de dernière génération pour saisir les nouveaux contrats et lorsqu’elles sont dépassées, on les amortit en les affectant à des projets de R&D » explique Philippe Rivière, PDG de Prismadd prestataire spécialisé en aéronautique.

Paroles d’utilisateurs

L’article donne également la parole aux utilisateurs au quotidien de cette technologie. Ainsi des ingénieurs en prototypage dans l’automobile, un responsable de fabrication dans l’aéronautique et dans différents secteurs industriels et un chirurgien témoignent de l’utilisation de la fabrication additive dans leur métier respectif. Un éclairage intéressant sur les promesses de l’impression 3D.

Source Usine Nouvelle, 28 janvier- 3 février 2016

 Lire dans ce dossier « L’impression 3D prend le pouvoir » : 

Impression 3D, la discrète révolution

Impression 3D : quel modèle pour la sous-traitance ?

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