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Le recyclage broie du noir

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Alors que le cours de la ferraille n’est pas au beau fixe et que la demande dégringole, de nombreux sites de broyage sont obligés de suspendre ou réduire leur activité. L’Europe se trouve aujourd’hui en surcapacités de broyage par rapport aux volumes de VHU et autres ferrailles à broyer générés. A ce déclin, s’ajoutent des problèmes de concurrence exercée par les cisailles. Si pour ces équipements, aucune contrainte législative sur les émissions n’existe, les broyeurs traitant plus de 50 tonnes de ferrailles par jour sont soumis à la directive IED relative aux émissions industrielles.

Dans le cadre de cette directive, le BREF (Best Reference Documents) sur le traitement des déchets (par broyage) est en cours de révision pour fin 2016. Un premier Draft présenté en décembre 2015 inclue de nouveaux seuils d’émissions fixés à 5 mg/Nm? (normaux mètres cube). En France, les seuils historiques des arrêtés préfectoraux stipulent des valeurs limites d’émissions allant de 20 à 40 mg/Nm3. Un tel écart qui suscite déjà des discussions depuis plusieurs mois. Sur le plan économique, les broyeurs de VHU produisent une qualité nommée E40 à un coût élevé par rapport au coût de traitement d’une cisaille. Pour autant, chez les sidérurgistes consommateurs de ferrailles, les prix d’achat ne reflètent pas nécessairement ces écarts de coûts de traitement.

Lors de la dernière convention du BIR, le comité broyeurs présidé par Manuel Burnand (DG de Federec) a mis en lumière les aspects sécuritaires liés à l’explosion d’équipements pyrotechniques (type airbags) laissés dans les VHU au moment du broyage. Il s’avère qu’aux Etats-Unis, plusieurs accidents graves ont été enregistrés à ce titre. Les airbags sont placés à plusieurs endroits du véhicule et présents outre-Atlantique depuis bien plus longtemps qu’en Europe. Pour autant, ils ne font pas l’objet d’un démantèlement général préalable, ce qui peut mettre en danger les opérateurs lors d’un tri manuel post broyage.

En Europe les risques pourraient rapidement s’accentuer avec le broyage de VHU dont les air-bags n’auraient pas été préalablement neutralisés. A noter que ces opérations de dépollution sont relativement coûteuses et pas réalisées de manière systématique.

[Environnement Magazine, 23/06/2016]

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Contact : Christine Colliard