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Le nickel roule à l’électrique

Le nickel a repassé plusieurs fois la barre des 12 000 dollars la tonne, après avoir stagné deux ans durant en dessous de 10 000 dollars. Ce composant des aciers inoxydables entrevoit son salut sous une autre forme, celle des sels utilisés dans les batteries lithium-ion. Même Elon Musk, le patron de Tesla, l’a reconnu : « Nos batteries [lithium-ion, ndlr] devraient être appelées nickel-graphite, car la cathode contient surtout du nickel et l’anode du graphite. »
Les cathodes des batteries de Tesla en contiennent plus de 16 kilos et celles de la Chevrolet Bolt (le véhicule électrique le plus vendu) plus de 6 kilos, légèrement plus que celles de la Nissan Leaf. Une proportion amenée à croître, pour passer de 33,3% aujourd’hui à 80% en 2020, tandis que les parts du manganèse et du cobalt chuteraient de 33,3 à 10 %. Mais ce sulfate de nickel (NiSO4) ne représente que 10% de la production mondiale de nickel. Eramet, par exemple, n’en produit pas et va devoir se contenter du rebond modéré du cours du métal ou transformer en sulfates son nickel électrolytique haute pureté, produit à Sandouville (Seine-Maritime). BHP, dont la branche nickel a échappé de peu à la faillite, prévoit de construire en Australie la plus grande usine mondiale de sulfate de nickel (100 000 tonnes annuelles). Cette résurrection donne de l’espoir à l’usine Vale Nouvelle-Calédonie. Peu rentable, elle attend d’ici au 31 décembre le verdict de sa maison mère brésilienne sur sa survie.

[Usine Nouvelle, 07/11/2017] 
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