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Le cuivre atteint des sommets jamais vu en quatre ans

 

Le cuivre bondit au plus haut, sous l’effet de l’arrêt de la production par la principale fonderie chinoise. La part toujours plus grande des véhicules électriques influence également le prix de ce métal dont la quantité y est deux fois plus importante que dans une voiture Diesel ou essence.
Le cuivre, dopé cette année par la santé de l’économie chinoise, a atteint le 28 décembre son plus haut depuis janvier 2014, après la fermeture d’une fonderie en Chine, pour lutter contre la pollution. La tonne de cuivre pour livraison dans trois mois sur le London Metal Exchange, référence du marché, s’échangeait pour 7284,50 dollars vers 10h20, après avoir atteint vers 08h00 7312,50 dollars, au plus haut depuis quatre ans.
Pour l’analyste John Plassard, de Mirabaud Securities, la principale raison de cette hausse est «l’arrêt de la production de (la principale fonderie chinoise, ndlr) Jiangxi Copper, afin de lutter contre la pollution hivernale». Les autorités chinoises tentent d’enrayer la pollution, qui grimpe dans les villes durant l’hiver en raison du chauffage des foyers, en réduisant l’activité industrielle. Les fonderies d’aluminium avaient déjà été mises à contribution, ce qui avait fait grimper le cours de ce métal. «Les efforts anti-pollution de la Chine ont profité à tous les métaux cette année, avec la fermeture de plusieurs fonderies et raffineries», a confirmé à l’AFP Liz Grant, du bureau de vente du courtier Sucden. Résultat, la Chine a dû importer plus de métaux, surtout que la croissance nationale s’est poursuivie. «La croissance mondiale a profité aux prix des métaux sur l’année, et les données chinoises ont surpris par leur robustesse», ont noté les analystes de Commerzbank.
Avec d’autres métaux, comme le nickel et le lithium, le cuivre a en outre profité des perspectives de croissance du secteur des véhicules électriques. «Si un véhicule thermique (essence ou Diesel) contient environ 23 kilogrammes de cuivre, une voiture électrique en consomme 40 à 60», a rappelé John Plassard. L’argument ne convainc pas tous les acteurs du marché. «Un mouvement à la hausse à cause des véhicules électriques est prématuré», a jugé Liz Grant, qui estime que ce secteur ne peut qu’affecter les prix de métaux aux marchés plus restreints, comme le lithium et le cobalt. Les analystes de Natixis prévoient pour leur part qu’en 2030, la demande de cuivre liée aux véhicules électriques représentera entre 745.000 tonnes et 2,47 millions de tonnes, à comparer à une production annuelle de 23,5 millions de tonnes en 2016.

[AGEFI, 28/12/2017]

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