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Juillet 2015-Focus du mois

  • Bilan du Bourget 2015 : Salon de l’aéronautique et de l’espace
  • Bilan GIFA 2015 : Salon International de la Fonderie
  • Le Royaume-Uni – un eldorado pour la fonderie ?

Focus du mois

SOMMAIRE

 

Bilan du Bourget 2015 : salon de l’aéronautique et de l’espace

La 51ème  édition du salon de l’aéronautique et de l’espace qui s’est achevée le 21 juin dernier a rassemblé plus de 2 300 exposants (+ 4% vs 2013) et 151 000 visiteurs professionnels (+ 8,6% vs 2013).

Cet évènement majeur du secteur a  été suivi par les ingénieurs de CTIF. Au terme de leurs visites, ils soulignent  le sentiment d’effervescence ressenti durant le salon qui est lié aux perspectives de montée en cadence très fortes du secteur aéronautique et à une visibilité exceptionnelle de 8 ans sur les carnets de commandes des grands avionneurs.  Airbus et Boeing ont enregistré plus de 200 commandes et options d’achat lors de la première journée pour une valeur d’environ 40 milliards de dollars. Le salon était également marqué cette année par la forte présence des technologies de fabrication additive, auxquelles l’industrie aéronautique s’intéresse de près. De très nombreux acteurs du domaine étaient présents : fabricants de machines (BeAm, SLM Solution, Concept Laser, 3D Systems, EOS Manufacturing), fournisseur de poudre (Aubert et Duval Erasteel …), concepteurs et fournisseurs de pièces (Spartacus3D, AFU, GMP Additive, Fusia, Sokaris,…). Plusieurs produits et conceptions remarquables étaient présentés sur les stands par les différents intervenants.

Le témoignage de notre partenaire, Charles de Forges, Directeur Général de Spartacus3D apporte un éclairage intéressant sur l’importance de la fabrication additive dans ce domaine : « La participation de Spartacus3D à ce salon sur le stand de Setforge a été l’occasion de présenter notre startup aux quelques acteurs de l’aéronautique qui ne la connaissait pas encore, notamment certains clients de Setforge. Nous avons pu expliquer la technologie de la fabrication additive et son potentiel pour le secteur de l’aéronautique, présenter l’offre de Spartacus3D et rencontrer la presse. Nous notons beaucoup de curiosité face à la technologie avec de nombreuses questions… Ce fut un très bel évènement, incontournable pour tout acteur ou passionné du monde de l’aéronautique, qui nous a permis de rencontrer sur notre stand plusieurs centaines de visiteurs.»

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Bilan de la GIFA 2015, Salon International de la Fonderie à Düsseldorf (Allemagne)

Avec près de 78 000 visiteurs de plus de 120 pays, et plus de 2200 exposants, la GIFA 2015, associée aux salons METEC, THERMPROCESS et NEWCAST 2015 a à nouveau tenu toutes ses promesses pour sa 13e édition. “The Bright World of Metals” a clairement brillé cette année.

L’édition 2015 est marquée par une forte présence de l’Asie (exposants et acheteurs, indiens et chinois notamment),  la France, l’Italie et la Turquie étant également au rang des pays les mieux représentés en termes de visiteurs. Des leaders du marché ont cotoyé des PME du monde entier et spécialistes de tous les domaines, au cours de 5 jours d’exposition riches de technicité.   Plusieurs équipes techniques CTIF ont fait le déplacement dans l’objectif de détecter les innovations, les tendances essentielles, et les nouveautés d’intérêt pour les fondeurs. Dans la continuité de l’édition 2011, on remarque avant tout que l’environnement et l’efficacité énergétique restent à l’honneur, tant au niveau des produits que des matériaux, procédés et conceptions. Les tendances sont ensuite à l’usine connectée (Industrie 4.0), avec la dématérialisation et l’utilisation intelligente des données dans l’entreprise. On notera cette année, beaucoup de robotisation sur toutes les opérations de fabrication, et des solutions de contrôle 3D par imagerie (process ou produit) qui ont évolué depuis la dernière GIFA. Cette édition est également celle des partenariats affichés, qui montrent que les développements (process, matériau, modélisation) ne se font plus seuls, et font appel à des associations de compétences, le plus souvent internationales. Autant de tendances qui devraient nous encourager à être présents collectivement au nom de la Fonderie Française à la prochaine édition (2019), car la portée est clairement internationale. Fort du retour de ses équipes, CTIF dressera la synthèse des principaux étonnements de cette GIFA 2015 dans les prochains Numéros de METAL NEWS et de Fonderie magazine qui reviendront largement sur l’évènement.

Bonne lecture à venir !

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Le Royaume-Uni : un eldorado pour la fonderie ?

Sixième économie mondiale et troisième économie européenne en 2013 derrière l’Allemagne et la France, le Royaume-Uni a détrôné la France en 2014 en devenant la cinquième économie mondiale. Fortement touché par la crise financière de 2008-2009, le RU a connu une reprise en 2014 avec des chiffres qui font rêver outre-Manche : taux de croissance de 2,6 %, taux de chômage de 5,8 %, impôt sur les sociétés passé de 23 % à 21 % en avril 2014, auxquels s’ajoutent une attractivité renforcée avec des IDE (Investissements Directs Etrangers) en forte augmentation (La France est l’un des principaux investisseurs), une flexibilité du marché de l’emploi, en deux mots un contexte porteur pour toute entreprise souhaitant se développer ou exporter vers ce pays. Les prévisions pour 2015 sont encourageantes : taux de croissance de 2,7 % contre 1 % en France, taux de chômage de 6 % contre 9,9 % en France, seules la dette publique nette, l’inflation et la balance commerciale déficitaire en 2012 et dans une moindre mesure en 2013 (- 86,4 Mds d’euros) restent à surveiller. Comme nous le verrons dans ce focus, cette embellie profite et profitera sans doute aux fondeurs britanniques. Peut-elle également profiter aux fondeurs français ?

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Evolution de la production de pièces moulées au Royaume-Uni de 2007 à 2013
Source : CAEF the European Foundry Industry 2014

 

 

La fonderie au Royaume-Uni

Selon UKcastings.org, le site d’information mis en place par la Fédération de la fonderie britannique (The Cast Metals Federation), la production de fonderie au RU a rebondi et a bien résisté à la récession de 2008-2010 puisque qu’aucune grande fonderie britannique n’a mis la clé sous la porte. Cependant, d’après Aidan Deering, les réunions de la Cast Metals Federation, depuis cinq ans, montrent que dans son ensemble, l’activité n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant-crise (de 2007/2008). Néanmoins, après la baisse d’activité constatée en 2012-2013 au lendemain de la reprise de 2010, on assiste à une nouvelle reprise en 2014-2015. Selon Modern Casting, la production nationale qui était de 718 000 tonnes en 2008 a cependant sensiblement baissé de 2011 à 2013 pour atteindre 483 750 tonnes, la même tendance étant observée en France et en Allemagne.

Sur le site de UKcastings.org, on affirme que la fonderie contribue au succès de l’industrie du RU à hauteur de 1,8 milliards de livres sterling et que les 400 fonderies britanniques produisent 523 000 tonnes de pièces moulées par an (483 750 tonnes selon Modern Casting en 2013). Cependant, d’après les deux derniers recensements de la production mondiale de fonderie de Modern Casting de décembre 2013 et 2014, contrairement à la France, à l’Allemagne et à l’Italie, le Royaume-Uni, ne figurait pas parmi les 10 premiers producteurs mondiaux de fonderie en 2012 et en 2013. Sa production était même inférieure à celle de l’Espagne, de la Pologne ou de l’Ukraine en 2013, et était centrée, pour l’essentiel, sur les pièces en fonte GS (175 000 tonnes), en fonte grise (121 000 tonnes), en alliages d’aluminium (101 600 tonnes) avec relativement peu de pièces en aciers (64 000 tonnes) mais parfois de très grosses pièces comme celles fabriquées par Sheffield Forgemasters international (SFIL). Par ailleurs, le RU reste, comme avant la crise, le principal pays producteur de pièces de fonderie de précision en Europe (49 % du total européen) devant l’Allemagne (17 %) et la France (14 %).

Les prévisions pour 2015 sont les suivantes :

Un marché de l’acier plutôt morose en raison, selon certains, de l’industrie pétrolière et gazière. Il devrait cependant se maintenir à un niveau acceptable. Une baisse de la productivité en non ferreux et un tassement de la production imputé pour partie à la faiblesse de la zone euro. Les perspectives restent malgré tout positives pour l’année à venir.

L’embellie peut-elle profiter aux fondeurs français ?

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exportation de biens français vers le Royaume-Uni par secteur d’activité en 2013 en millions d’euros hors matériel militaire

La question mérite d’être posée : en effet, en 2013 comme en 2012, le Royaume-Uni était le premier excédent commercial de la France, principalement en raison d’un excédent important de matériels de transport (secteurs automobile et aéronautique) et d’une chute des importations de produits énergétiques venant du Royaume-Uni. Le Royaume-Uni était également la cinquième destination de la France pour l’export derrière l’Allemagne, l’Italie, la Belgique et l’Espagne en 2013.

Les groupes de fonderie français en sont conscients tout en sachant que certains créneaux comme la fonderie de précision sont très concurrentiels. En effet, beaucoup de fonderies de précision au Royaume-Uni sont très compétitives de par leur coût salarial, comparé à celui pratiqué dans notre pays. Le PDG du groupe AFE (devenu groupe SAFE depuis) soulignait fin 2012 dans un article du Monde que l’heure de travail d’un ouvrier au RU revenait 36 % moins cher que sur un site en France (une différence liée surtout au poids des charges patronales et au nombre d’heures effectuées) et qu’à cela s’ajoutait l’avantage de la flexibilité sociale qui apporte de la souplesse. Dans ce contexte, les fondeurs français s’intéressent clairementau RU. Quelques exemples :

Le groupe Constellium spécialisé dans les alliages d’aluminium pour l’automobile a subventionné, entre autres, la création d’un AMCC (Advanced Metal Casting Centre, Centre de fonderie avancée) au RU, Montupet dispose d’une usine de production à Belfast, le groupe SAFE (ex groupe AFE) dispose également d’un site à Crewkerne.

L’économie britannique repose, pour l’essentiel, sur les services qui représentaient 79,3 % du PIB en 2014 mais l’industrie occupe également une place importante (18,7 % du PIB en 2014) avec des secteurs porteurs dont certains peuvent constituer des débouchés pour les fondeurs comme l’aéronautique, l’énergie (pétrole et gaz offshore en particulier en Mer du Nord, exploitation du gaz de schiste, nucléaire, énergies renouvelables, notamment éolien et éolien offshore, EMR) sans oublier l’automobile et les motocycles, le secteur de la Défense, les dispositifs médicaux, le luxe….

Energie

Industrie pétrolière et gazière :

Ce secteur offre des opportunités pour la fonderie : La fonderie Sheffield Forgemasters International (SFIL) a réalisé pour la plateforme Aasta Hansteen Spar en 2013 les plus gros nœuds jamais moulés pour l’offshore.

Industrie nucléaire :

En 2006, le gouvernement britannique annonçait sa décision de relancer son programme nucléaire (projet New Build) afin de renouveler le parc vieillissant en comptant sur des émissions de carbone très faibles. Il a signé en octobre 2013 avec EDF Energy un accord pour la construction de deux EPR à Hinkley Point C à Somerset et éventuellement deux nouveaux réacteurs à Sizewell dans le Suffolk. EDF prendra la tête du consortium qui mènera à bien le projet de construction de la centrale nucléaire C Hinkley Point. Peut-être une opportunité pour les fondeurs hexagonaux et ce n’est pas la seule….

Par ailleurs, le RU est confronté au problème du démantèlement des infrastructures anciennes et à la gestion des déchets radioactifs et a réaffirmé qu’il considérait l’élimination des déchets radioactifs en grande profondeur comme la solution la plus sûre à long terme : cela peut constituer une opportunité pour les fondeurs français.

Energies renouvelables :

Les énergies renouvelables devront représenter 15 % de la production électrique d’ici 2020 au RU et les émissions de CO devront être réduites de 80 % d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990.

– Leader mondial dans le secteur éolien off-shore,  le RU prévoit de multiplier par cinq ses capacités de production actuelles et ce, malgré des restrictions budgétaires depuis 2014. L’Ecosse concentrera la plus grande partie du marché britannique estimé à quelque
30 000 MW.

– Le RU s’est engagé dans le secteur des énergies marémotrices (projet de 6 lagons artificiels qui fourniraient près de 8 % de l’électricité britannique), avec la construction notamment de la plus grande centrale marémotrice au monde dans l’estuaire du fleuve Severn entre Angleterre et Pays de Galles près de Cardiff.

– Le développement de l’hydrolien au Royaume-Uni constitue une opportunité pour les fondeurs. La société irlandaise OpenHydro spécialisée dans les énergies marines renouvelables est d’ailleurs devenue une filiale de DCNS.

Les fonderies françaises ont compris le potentiel que représente le secteur de l’énergie. On peut citer, par exemple, les aciéries Hachette et Driout qui travaillent dans le domaine de l’industrie nucléaire et pour l’énergie pétrolière et gazière notamment pour BP ou Shell qui a son siège aux Pays-Bas mais dont la société mère est installée en Angleterre et au Pays de Galles. (Fourniture principalement de corps de pompes et de corps de vannes en aciers spéciaux type Duplex et Super Duplex, résistant à la corrosion).

Industrie automobile

– Le marché de l’automobile britannique est classé au 4ème niveau européen derrière l’Allemagne, l’Espagne et la France (CA de 55 milliards de £, 3 % du PIB, 10 % des exportations des produits manufacturés du RU, présence des plus grands acteurs mondiaux du secteur et du plus grand nombre de constructeurs de voitures haut de gamme : Aston Martin, Bentley, Jaguar, Lotus, McLaren et Rolls-Royce, usines les plus productives du monde).

– A titre d’exemple, Norton Motorcycles (RU) fait appel à la fonderie Alucast (West Midlands, RU) pour fabriquer certaines pièces de ses motocycles en alliage d’aluminium moulé. Cette société exporte ses motocycles dans le monde entier. La fonderie Sarginsons (Coventry, RU), quant à elle, investit depuis 2014 dans la modernisation de son outil de production pour fournir ses clients Aston Martin et Jaguar qui représentent 40 % de sa production.

Des fonderies françaises travaillent d’ores et déjà pour l’industrie automobile britannique comme Saint Jean Industries qui fournit par exemple Aston Martin. On peut également citer Montupet et son usine à Belfast en Irlande du Nord.

Aéronautique

– Leader européen du secteur, le RU occupe une place significative sur le marché de l’aéronautique (23 % du marché, CA de 24,2 Mds de £ en 2012 dont 70 % à l’export, 2ème rang au niveau mondial derrière les Etats-Unis).

– L’aéronautique militaire, domaine d’expertise et d’excellence britannique, est le secteur le plus prospère et le plus fructueux à l’export. Le RU est le second exportateur de matériel militaire dans le monde et ce, malgré les restrictions du budget de la défense.

– La présence au RU de BAE systems, Rolls Royce, Airbus, Bombardier, GKN Aerospace, Thalès démontre l’importance du secteur.

– Les échanges sont importants avec la France :

Exportations vers la France en 2013 : 1,6 Mds d’euros (- 3,7 %).
Importations vers le Royaume-Uni en 2013 : 2, 06 Mds d’euros (+ 32 %).

Ce secteur est un débouché à l’export important pour les fonderies aéronautiques françaises : Ventana Arudy (ex-fonderie Messier) fabrique des carters intermédiaires en alliage de magnésium destinés aux moteurs d’avions de Rolls Royce. Ventana Toulouse (fonderie Mercié) fournit également Turbomeca UK qui fait partie du groupe Safran. Ventana développe, par ailleurs, un nouveau marché « vintage » notamment au Royaume-Uni qui s’adresse aux collectionneurs d’avions, de voitures et de motos de sport d’avant-guerre et est en mesure de leur re-fabriquer par rétro-conception des pièces de rechange de moteurs qui souvent n’existent plus. On peut également citer Precicast quifabrique des pièces moteur du Trent XWB de Rolls Royce.

Conclusion

Le Royaume-Uni est un pays où, déjà, de nombreuses fonderies françaises, exportent directement ou indirectement leurs produits, notamment pour les secteurs automobile et aéronautique. Des groupes comme SAFE ou Montupet ont une usine implantée sur place. Sans prétendre être un eldorado, le Royaume-Uni est un pays avec lequel il faut donc compter.
Le créneau de la fonderie de précision est sans doute le plus difficile à concurrencer par rapport aux acteurs locaux. En revanche, le domaine de l’énergie (industrie pétrolière et gazière, y compris l’offshore et le gaz de schiste, industrie nucléaire, énergies renouvelables -éolienne offshore, hydrolienne et marémotrice) est encore relativement vierge, et ouvre aux fondeurs britanniques comme aux fondeurs français des perspectives très concrètes de développement en cours et à venir.

Contact : Claude Chancelier


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