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Deux fois plus de broyeurs d’ici cinq ans ?

Les broyeurs sont-ils en nombre suffisant ? Chez Newell Recycling Equipment, société américaine de solutions de recyclage, le PDG Scott Newell avance le chiffre d’environ 1.000 unités à travers le monde capables de déchiqueter un véhicule complet. D’après cette même source, environ un quart du total des déchets d’acier déchiquetés à ce jour provient de l’automobile. Ainsi, près de 40 millions de tonnes d’acier sont déchiquetées chaque année en Amérique, ce qui représente environ 50% de la totalité des déchets d’acier.
« Alors que l’Europe et le Japon déchiquettent moins de 20% de leur ferraille disponible, nous prévoyons qu’une capacité beaucoup plus importante sera installée dans ces régions au cours des prochaines années », explique M. Newell. « Il y a environ cinq ans, lors de la conférence de Rusmet à Moscou, j’avais prédit que le nombre de broyeurs dans le monde doublerait de 850 à cette époque à plus de 1.500 10 ans plus tard », se souvient Newell. « Je réalise maintenant que j’étais trop conservateur et que nous atteindrons probablement 2.000 déchiqueteurs dans les cinq prochaines années. »
Le fabricant estime qu’une partie significative des 1.000 unités actuellement en service sera également remplacée chaque année, car les conceptions les plus récentes sont beaucoup plus intelligentes et plus efficaces que les anciennes machines. Et M. Newell de rappeler que les nouvelles technologies utilisées offrent « des rendements nettement supérieurs et des coûts plus faibles par tonne ».
La Chine compte plus de 300 millions de véhicules sur ses routes et, sans surprise, elle est le plus grand fabricant d’acier au monde, représentant environ 50% de la production totale d’acier. La Chine a indiqué qu’elle disposait de 200 millions de tonnes de déchets d’acier par an. « Cette année, la Chine est devenue notre plus gros acheteur de nouveaux équipements de déchiquetage », explique le patron de Newel. « Nous avons vendu 28 nouvelles grandes installations de broyage à des clients en Chine, dont un certain nombre de machines ayant la plus grande capacité au monde, dont on garantit qu’elles peuvent produire plus de 350 tonnes par heure. En pratique, elles tournent à plus de 450 tonnes par heure », a-t-il précisé.
L’homme d’affaires note par ailleurs que, pendant de nombreuses années, la tendance était à la maximisation des tonnages traités afin de rentabiliser les usines de broyage. Mais cette conception de l’activité est en train de changer. « Ces dernières années, nous avons conçu des broyeurs portables et transportables pouvant être placés dans des zones où il existe déjà des matières premières à faible coût », explique-t-il.
Ainsi, « les opérateurs ont pu installer de nouvelles usines de broyage économiques et produire des déchets de très haute qualité avec seulement 2.000 tonnes par mois », précise-t-il, soulignant que cela aurait été très difficile il y a peu de temps.
Parallèlement, la valeur du flux de déchets de résidus de déchiquetage d’automobiles (ASR) est devenue plus importante avec des prix de plus de 100 dollars américains (85 euros) pour chaque tonne de ferraille déchiquetée. « On appelait cela un sous-produit du déchiquetage, mais maintenant, nous le voyons comme le coproduit, car il a beaucoup de valeur », explique Scott Newell.
Une solution ASR révolutionnaire a été développée par le père de Scott, Alton Newell, qui a déposé un brevet pour le premier déchiqueteur automobile pratique dans les années 1960. Depuis lors, l’entreprise Newell Recycling Equipment aime à rappeler qu’elle a vendu ou licencié avec succès plus de la moitié de toutes les déchiqueteuses vendues dans le monde !

C’est à lire dans « Profession Recycleur, 12/09/2018.
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