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Alerte sur les métaux critiques

Depuis que la France a soldé, en 1996, ses stocks stratégiques de matières premières et que l’industrie s’est convertie au  »juste à temps » pour ses approvisionnements, les entreprises ont perdu en grande partie la conscience de leurs dépendances. La crise des terres rares, en 2011, a réveillé cette conscience. Les exigences, plus récentes, portant sur la responsabilité sociale et environnementale des donneurs d’ordres ont ajouté une couche d’urgence, celle de décortiquer les supply chains. Mais retracer les intrants de chaînes de sous-traitance mondialisées n’est pas si simple. Deux grandes transitions s’avèrent très gourmandes en matières premières dont il est difficile de prévoir la disponibilité à dix ans. À trente ans encore plus. La transition énergétique, qui vise à substituer aux énergies fossiles des énergies renouvelables, dévoile peu à peu sa face sombre. Si sa production se nourrit de vent, de courant et de soleil, cette énergie n’est pas pour autant gratuite.

Il faut, pour exploiter ces énergies nouvelles, construire des milliers de kilomètres carrés de nouvelles infrastructures, souvent faites de métaux rares comme les terres du même nom. Au milieu du concert de louanges de la décarbonation de l’économie, quelques voix se sont élevées – celles de l’expert Didier Julienne dans d’innombrables ­conférences, puis celles du journaliste Guillaume Pitron dans son livre  »La Guerre des métaux rares » – pour rappeler qu’en nous libérant de la dépendance aux hydrocarbures qui ont alimenté la première révolution industrielle, nous devions nous préparer à une dépendance accrue aux métaux. Et que, là non plus, les réserves n’étaient pas infinies. L’autre transformation est liée à la métallurgie de spécialité, qui alimente tous les autres secteurs. Défense, automobile, aéronautique… Tous innovent en adoptant des alliages à la fois plus légers et plus résistants. Et composés d’une multitude de métaux plus rares. Revue des risques dans six filières stratégiques.

Métallurgie

Peu compétitive dans les alliages communs, la métallurgie française a développé des savoir-faire reconnus dans les alliages spéciaux, notamment les aciers à haute élasticité et à haute résistance (pièces matricées pour les trains d’atterrissage), et dans les superalliages à base cobalt et à base nickel qu’elle fond pour les filières aéronautique, spatiale et de défense. L’Europe était en 2014 le premier producteur de superalliages (27 % de part de marché), devant les États-Unis (26 %) et l’Asie-Pacifique (22 %) hors Japon (12 %). Plusieurs acteurs français – Aubert & Duval, son ex-filiale Eurotungstène, près de Grenoble, revendue récemment au groupe belge Umicore, MetalValue, dans l’Eure – œuvrent dans la métallurgie des poudres (de cobalt, de tungstène, pré-alliées) pour les outils diamantés et les carbures cémentés, indispensables dans les outils de coupe et de forage. Sans elles, l’usinage des superalliages serait impossible.

 

La métallurgie fond des superalliages à base cobalt et à base nickel pour l’aéronautique, le spatial et la défense.

La métallurgie fond des superalliages à base cobalt et à base nickel pour l’aéronautique, le spatial et la défense. [Source : Usine Nouvelle, 27/06/2018]

Pour les cinq filières suivantes, lire la suite dans Usine Nouvelle, 27/06/2018 :

  • Batteries et véhicules électriques
  • Energies renouvelables
  • Défense et Aéronautique
  • Chimie et Engrais
  • Electronique et Télécoms